About

Né en France, Philippe Roguet vit et travaille à Lyon. Le travail de son père le sensibilise dès son plus jeune âge au dessin d’architecture, une période des années 80 où l’on voit proliférer des propositions urbaines extrêmement variées dans leur forme et dans leur style. Après une formation supérieure en Design & Graphisme à Lyon, il crée son atelier à la fin des années 90. Ses premiers travaux font référence au graphisme suisse, dit Style international, dans leurs simplicité et efficacité visuelle. C’est aussi le temps des voyages en Afrique puis en Asie, il réalise ses premiers clichés en 2010 lors d’un périple en Mongolie.

En 2014, sa première exposition ‘Nomades’ présente une cinquantaine de photographies réalisées en Asie centrale entre 2010 et 2014, dont une série issue d’un reportage sur les premiers jeux équestres nomades au Kirghizistan et ses cavaliers de Kok boru (Buzkashi afghan), un lointain ancêtre du polo dans sa version beaucoup plus sauvage. Équivalent de nos jeux olympiques dans une version nomade, ces jeux regroupent l’ensemble des pays d’Asie centrale, avec pour volonté de promouvoir l’histoire des nations nomades, leurs traditions, leur mode de vie et leur culture.

Par la suite, ses travaux photographiques centrés sur le paysage urbain font le lien avec la sobriété et l’imaginaire de son graphisme: les vides viennent définir l’espace, les volumes, les intervalles dans lesquels s’inscrit le sujet. Cette précision presque typographique que l’on retrouve dans ses photographies retient alors l’attention d’architectes qui lui confient ses premiers mandats de reportages.

En parallèle de ces commandes, il expérimente une photographie d’architecture en quête de l’atmosphère du lieu, une architecture métaphore de la condition humaine. Son choix de travailler à la chambre photographique engage un processus plus lent, plus économe d’images. Les images du ‘Couvent de la Tourette d’Éveux’ que l’on retrouvent dans la série ‘Jour de neige’ ont cette charge onirique où les espaces deviennent calmes, évidents, d’une poésie sensuelle.

En 2019, il engage un projet photographique personnel sur la disparition des grands arbres africains sous l’influence des changements climatiques: La grande majorité des plus vieux baobabs d’Afrique se meurt. La situation de ces arbres millénaires s’est aggravée au cours des quinze dernières années. Une disparition qualifiée d’une ampleur sans précédent. Ces arbres ont valeur de symbole en Afrique où ils sont le lien entre la terre et les hommes. Comment dès lors les représenter dignement et leur rendre la place que l’anthropocentrisme leur avait soustraite ?

La série ‘Tree of life’ présente les premières images d’une documentation artistique personnelle réalisée à la chambre photographique tout au long d’un parcours de plus de huit mille kilomètres en Afrique australe.

« Je prends des photos, je fais des images…

Dans un monde qui s’abandonne au démon de la vitesse, qui nous submerge d’images, de mouvement, de sons, notre dernier luxe est le temps, celui que l’on prend pour s’arrêter et poser un regard sur ce qui nous entoure. Si une photographie reste silencieuse quand vous décidez de ce qu’elle dit, je crois qu’un photographe participe à son époque, par la reproduction qu’il donne de ce qu’il voit, au travers de sa propre idée de l’esthétique, de sa perception intime, mais qu’il n’affirme pas et n’impose en rien.»